La Révolution égyptienne du 25 janvier : quand la langue s’amuse avec les « maux »

Cherine Zaki 


Abstract


Le 25 janvier 2011 débute la plus grande protestation populaire qu’ait connue l’Égypte depuis 1977. Le peuple est descendu dans les rues pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak et de son régime accusés d’être responsables de tous les maux du pays : pauvreté, chômage, injustice sociale, manque de liberté d’expression et corruption politique. Le mouvement aboutit le 11 février à la démission de Moubarak et au transfert de son pouvoir à l’armée. Mais le bilan reste lourd : il y aurait eu, selon Amnesty International, 846 morts et des milliers de blessés. Malgré ses événements tragiques, la Révolution égyptienne est placée sous le signe de l’humour. Les Égyptiens, réputés drôles, selon un stéréotype arabe bien connu, n’ont pas perdu leur sens de l’humour pendant les dix-huit jours de protestation. La prise de parole publique a permis l’émergence d’une nouvelle forme d’humour qui ne manque pas d’intelligence et qui a dépassé toutes les attentes : la désacralisation du pouvoir. La crainte des représailles ne constitue plus un obstacle devant l’explosion d’un discours révolutionnaire humoristique. Cela a pris plusieurs formes : slogans, pancartes, blagues, chansons ou caricatures. Dans cet article, nous étudierons les particularités de ce discours fort créatif et nous montrerons comment la langue peut devenir une arme redoutable de résistance au pouvoir.


Other data

Keywords humour – slogans – révolution égyptienne – blagues – analyse du discours.
Issue Date 2016
Journal la revue de la Faculté des Lettres, Université Hassan II, Casablanca, Maroc (juin 2016) 
Conference Conference Internationale de l'Université Hassan II, Casablanca, Maroc, novembre 2015 
URI http://research.asu.edu.eg/handle/123456789/1579


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